En ces temps de stress électoral, prenons un peu l’air et penchons-nous sur le dernier opus de Björk, Volta,
qui sort demain (mais qu’ils vendent depuis au moins vendredi chez Leclerc !! ^^). J’ai hésité à faire immédiatement un article, puisque je sais qu’avec Björk, il faut une bonne vingtaine
d’écoutes (hein Pidoupidoux ?!!) pour parvenir à déceler et ressentir l’album tout entier. Néanmoins, j’ai déjà un trop-plein de sentiments au sujet de Volta que j’aimerais
partager.
Tout d’abord, pour faire cesser le suspense intenable, je trouve Volta très réussi (oui je sais, y’avait pas
vraiment de suspense vu que je suis fan gaga de Björk, mais bon, quand même !!). Elle le présente comme une ode à la joie, une explosion de fun après ces derniers albums plus cérébraux, un
retour au primitif !! Il n’y a qu’à voir la pochette rouge vif et les images de la Belle toutes en couleurs quasi-fluo, prenant des poses tribales et faisant apparaître des lettres
enflammées !! Et c’est vrai que dès les premières secondes, avec Earth Intruders, débutant sur des bruits de pas de soldats, on est plongé dans une ambiance très primaire, limite guerrière,
avec une Björk qui vous pousse des cris jusqu’à des notes à vous glacer le sang. Cette atmosphère se retrouve par la suite dans Innocence, Hope et surtout Declare Independence (qui est une
explosion magistrale et jouissive !!). Rien que pour cela, Volta vaut le coup…
Pourtant, il y a, entremêlée, une autre dimension, comme c’est toujours le cas avec Björk. En effet, outre les
quatre chansons déjà citées, les six autres sont d’un style tout à fait différent, marquées par une prééminence des cuivres dans l’instrumentation. Une image me vient tout de suite en tête :
un port de commerce (Reykjavik) avec de vieux bateaux rouillés, un jour de petite pluie, un ciel gris, la mer agitée, un orchestre de cuivres et la voix de Björk… Tout de suite, ça fait beaucoup
moins enjoué ^^, on tombe carrément dans le mélancolique. Mais qu’est-ce que c’est beau !! Certaines chansons m’émeuvent jusqu’aux larmes (notamment The Dull Flame Of Desire, My Juvenile et
Pneumonia). C’est étrange d’ailleurs d’apprécier écouter une musique qui nous plonge dans la mélancolie, mais c’est une belle émotion je trouve…
En bref, Björk se révèle une fois de plus à la hauteur de nos attentes. Un savant mélange de légèreté et de
pronfondeur, des collaborations extrêmement fertiles (Timbaland (producteur de Justin Timberlake et Nelly Furtado), Antony (chanteur à voix limite androgyne), Konono n°1 (groupe de kora,
instrument africain), Min Xiao-Fen (joueuse de pipa, instrument chinois), etc), des textes portant une poésie exotique et un hommage vivifiant à la Nature, un travail visuel extrêmement léché
comme d’habitude, … Vivement le 23 août, date à laquelle je vais voir Björk (pour la 3e fois désormais) à Nîmes !!
En bonus, voici les paroles de Declare Independence, chanson qui donne le plus la patate et dont les paroles
sont très drôles car décalées et en même temps très pertinente (elle dit de cette chanson qu’elle pourrait très bien correspondre aux genres de conseils que l’on donne, bourrée, à une amie qui se
fait avoir par son mec, ou carrément à un message politique, ou enfin une leçon de sagesse).
Declare Independence
Declare independence
Don’t let them do that to you
Justice
Start your own currency
Make your own stamp
Protect your language
Declare independence
Make your own flag
Raise your flag (higher, higher)
Declare independence
Don’t let them do that to you
Damn colonists
Ignore their patronizing
Tear off their blindfold
Open their eyes
Declare independence
Don’t let them do that to you
With a flag and a trumpet
Go to the top of your highest mountain
And raise your flag (higher, higher)
Declare independence
Don’t let them do that to you
Raise the flag
Dimanche 6 mai 2007
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