| Décembre 2009 | ||||||||||
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Impression très étrange…
Le film « 99 francs » m’a laissé cette « impression très étrange ». Je n’arrive même pas à déterminer si le film m’a plu… Ce qui est sûr est qu’il m’a dérangé !! J’ai donc envie d’en déduire que c’est que le film est réussi, s’il m’a dérangé. Pourtant, je n’en suis pas convaincu.
Déjà, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans, que ce soit dans l’histoire ou bien dans l’esthétique et la mise en scène. Les vingt premières minutes m’ont vraiment laissé de marbre, je ne voyais que l’exercice de style, aucun fond, du vide !!
Et puis, j’ai commencé à être embarqué par ce vide. Qu’est ce que la pub et le milieu des publicitaires, si ce n’est l’incarnation du vide dans nos sociétés ?!! C’est vertigineux !! Pour ce qui est des acteurs, rien à dire, vraiment très bons. En ce qui concerne le visuel, après mon désarroi initial, je dois admettre que j’ai trouvé ça malgré tout (malgré le fait que l’on sente que la recherche esthétique est l’un des piliers du film, ce qui est un peu énervant, l’esthétique pour l’esthétique…) original. Et puis, il faut ajouter une certaine fascination pour tout cet univers, fascination qui transcende quasiment le dégoût de la nature humaine à travers ce film, tellement étrange.
Bref, ce qui m’a le plus dérangé est de ne pas être capable de savoir dans quel état d’esprit les concepteurs du film l’ont fait, à quel degré prendre tout ça…
Au premier degré : ils font un film « dénonçant » la pub et la société contemporaine tout en étant eux-mêmes archi-marketés et à fond dans le milieu… ??
Au second degré : ils font un film pour dénoncer la pub en utilisant un style publicitaire, avec une mise en abyme… ??
Au troisième degré : cyniquement, ils savent que le procédé de mise en abyme est une très bonne trouvaille et en profitent… ??
Au quatrième degré : … ??
On pourrait continuer comme ça longtemps, à se demander à quel niveau le film veut se placer… Et c’est peut-être cela qui est génial : peu importe l’esprit avec lequel le film a été fait, cela échappe à ses concepteurs et devient une entité à part entière, avec une infinité de lectures possibles…
Finalement je crois que je trouve ce film très intéressant, mais peut-être plus à l’idée qu’il échappe complètement à ses « géniteurs » (et que le fond ne soit même plus ce qui fait réfléchir) que pour le film lui-même (avec son côté moraliste et « délateur »). C’est une abstraction très stimulante à conceptualiser… Encore faut-il que vous compreniez ce que je veux dire lol^^
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