Chose promise, chose due… J’entame la série des rubriques mensuelles par celle consacrée à l’analyse d’un film… Enfin, analyse est un bien grand mot ; en fait, il s’agit plutôt d’un mélange entre le pitch, mon avis sur le film, une ouverture sur les thèmes abordés…
Et donc pour cette inauguration (Champagne please !! ou Champomy car il est que 16h là…), j’ai choisi le film Le secret de Brokeback Mountain réalisé par Ang Lee, sorti en janvier 2006 en France, avec Heath Ledger et Jake Gyllenhaal…
Bien que beaucoup soient certainement au courant du sujet du film, j’ai décidé de faire les choses bien alors voici un résumé, qui met en évidence la substance du film sans en dévoiler les péripéties :
Eté 1963, Wyoming.
Deux jeunes cow-boys, Jack et Ennis, sont engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain.
Isolés au milieu d'une nature sauvage, leur complicité se transforme lentement en une attirance aussi irrésistible qu'inattendue.
A la fin de la saison de transhumance, les deux hommes doivent se séparer.
Ennis se marie avec sa fiancée, Alma, tandis que Jack épouse Lureen.
Quand ils se revoient quatre ans plus tard, un seul regard suffit pour raviver l'amour né à Brokeback Mountain.
Eh oui, vous avez bien compris, il s’agit bien d’un amour homosexuel lol…
Tout d’abord, rappelons que cette merveilleuse love story est née de la plume de l’écrivain Annie Proulx, lorsqu’elle a écrit cette nouvelle d’une trentaine de pages il y a quelques années. Pour structurer un minimum l’analyse, je pense que l’on peut procéder en distinguant les deux dimensions de ce film à savoir une histoire d’amour romantiquissime et une photographie de la situation de l’homosexualité dans cette société rurale des 1960s, pas si vieillie que ça…
First things first… Ce qui est tout à fait étonnant avec ce film, c’est qu’il est présenté comme le premier western dont les cowboys sont homosexuels, alors que dans la salle de cinéma ce qui ressort de ce film est cette romance entre deux êtres humains ; la dimension homosexuelle devient secondaire, tout naturellement, en tout cas cela a opéré sur toutes mes connaissances ayant vu le film. Il est donc normal de se pencher en premier lieu sur cet aspect du film… En fait, il dépeint un amour impossible entre deux êtres qui pourtant s’aiment profondément, impossible de par la pression sociale, un véritable carcan ; cela aurait pu être une histoire entre deux personnes issues de deux classes sociales si différentes que leur union s’en trouverait impossible (cf le système de castes en Inde par exemple). Bref, pour le grand romantique que je suis, même si un peu « désillusé » (c’est un néologisme pour dire que j’ai perdu mes illusions lol), ce film offre tout pour me faire baver d’envie (lol) : le coup de foudre, l’homme de sa vie, la passion, etc. D’ailleurs, je ne sais pas si cela est dû au fait que le ending n’est pas vraiment happy ou bien si c’est justement cette overdose d’émotion, mais j’ai passé toute la fin de l’après-midi, en sortant du ciné, dans un état mélancolique (pas vraiment triste)… Un peu comme avec une gueule de bois émotionnelle lol… J’aime bien quand un film produit cet effet pourtant, et cela a vraiment fonctionné ici, surtout que j’étais seul au ciné, donc j’ai pu garder ce sentiment pour moi assez longtemps (car je déteste donner mon avis dès que les lumières se rallument dans le ciné, ou pire dès que le générique commence à défiler lol… Eh oui désolé Thomas lol). Ainsi, pour résumer ce paragraphe : au-delà d’une romance homosexuelle, une romance tout court, et quelle romance !!
Or c’est justement ce qui fait que ce film est en même temps un film social très utile et réussi. En effet, quelle meilleure arme contre l’homophobie que de parvenir à montrer une histoire d’amour entre deux hommes tout en faisant oublier l’aspect homosexuel de cette union, tout en ne faisant ressortir que l’amour ?? I wonder… En outre, le film illustre avec authenticité la place de l’homosexualité back in the sixties : un tabou !! Mais je ne vais pas m’étendre sur ce point car c’est assez connu : à l’époque, les homos n’étaient pas acceptés, voire éliminés, au point qu’il était préférable de vivre son éventuelle homosexualité en secret (à Brokeback mountain en gardant des moutons avec un charmant compagnon lol), de contracter des mariages voués à l’échec (et donc le même sort attend la famille issue de ces mariages)… Un vrai tabou quoi !! Et puis, dans notre société hétéronormée et dans le film, c’est aussi l’extrême violence par rapport aux homosexuels qui paraît ; mais bon, c’est bien connu, l’homme est le plus violent envers les choses dont il a peur ; parce que tonton Sigmund a bien dit que l’on naissait tous bisexuels, et chacun doit faire face à un moment à cette part d’homosexualité latente, présente en tout être humain (je ne dis pas du tout que l’on est tous homos) ; or, dans notre société, cela fait peur, alors on écrase ceux qui incarnent cette peur, on les humilie, les caricature, les affuble de noms rabaissants (tafiole, tapette, PD (alors que cela signifie pédophile quand même), et la liste est longue…)… Mais, même si les choses ont bien avancé en la matière, je pense que le sujet du film reste quand même actuel, car il me semble qu’il reste encore une part d’homophobie en profondeur chez la plupart d’entre nous (même chez les gens apparamment indifférents à la préférence sexuelle de leur voisin lol). Et c’est par cela que j’aimerais conclure, par une série de questions… N’est-ce pas de l’homophobie que de craindre que les enfants élevés dans un couple homosexuel le deviennent à leur tour (pourtant c’est l’argument du type « des études ont montré que les enfants élevés dans un couple homo ne deviennent pas plus homo que dans les couples hétéros » que l’on utilise pour légitimer l’adoption par les homosexuels et l’homoparentalité) car après tout, à part pour la survie de l’espèce, être homo n’est pas une maladie, ni une tare ??? N’est-ce pas de l’homophobie que de dire, comme Eric Zemmour, et penser, comme certains de mes amis apparemment, que les homosexuels hommes sont des plus grands consommateurs que leurs homologues hétéros (on sent bien ici que l’image de la folle est en puissance quand même) (par contre, c’est vrai que les homos représentent une cible très prisée par les publicitaires car ils n’ont a priori pas d’enfants donc plus d’argent pour consommer) ???
Alors ??
PS : un ami m’a également dit à propos du film qu’il pensait que Ennis (le brun) était moins sincèrement amoureux de Jack (le blond) que réciproquement… Je ne pense pas du tout ça et lui ai expliqué mais vous qu’en pensez vous ?
Eheh, peut-être est-ce l’influence pascale mais toujours est-il que j’ai décidé de vous faire part d’un deuxième Film du mois. Vous avez vraiment beaucoup de chance : deux chansons faite maison, deux Films du mois… Quel mois !!
Eh je me rends compte que je ne vous ai pas encore fait part d’une autre de mes marottes : les séries TV… Ah, ce fut le fruit d’un long apprentissage, partant des séries AB, puis Beverly Hills et Sous le soleil ; avec un tel bagage, on comprend aisément pourquoi j’aime les séries que je regarde actuellement, étant donné que ce n’est pas difficile de faire mieux que ce que je visionnais enfant !!
Ce post me trotte dans la tête depuis assez longtemps puisqu’il concerne l’une de mes grandes lubies : Harry Potter. Tout le monde connaît le phénomène, l’engouement planétaire pour les aventures du petit sorcier et c’est justement cela qui peut refroidir a priori lol. Pour être franc, je suis tombé dedans à la sortie du quatrième tome en Français en octobre 2000 (je crois) au moment où la folie a commencé, avec les enfants faisant la queue la veille de la sortie pour obtenir leur exemplaire à minuit. Or mon esprit de contradiction anti-tout-ce-qui-est-populaire m’a plutôt poussé loin de cette série, contrairement à l’un de mes meilleurs amis qui, lui, a acheté les tomes déjà sortis. Il les a dévorés et m’a bien sûr fortement conseillé de le lire. J’y allais à reculons, vraiment, mais je fus pourtant séduit dès les premières pages. La magie opéra. Depuis, je suis un super fan, je vais voir régulièrement sur internet les dernières nouvelles sur les sites dédiés à Harry Potter, j’ai tous les films en dvd, tous les livres, en Français et en Anglais (voire en double car ma sœur et ma mère sont aussi accros). La question est donc : pourquoi ?